Harraga

Oualid Anbri
Harraga est un terme issu du dialecte arabe maghrébin, dérivé de la racine arabe liée au verbe « brûler », et signifie littéralement « ceux qui brûlent ». Dans son usage contemporain, le terme désigne les personnes qui franchissent clandestinement les frontières pour migrer. Le mot « brûler » renvoie à l’idée de « brûler la frontière », de transgresser une limite imposée, mais aussi, dans certains parcours migratoires, au fait de brûler ses papiers afin d’échapper aux dispositifs d’identification et d’expulsion.
À travers ce titre, le film Harraga (2023, 15min) aborde la question de l’immigration clandestine et des personnes sans papiers, en interrogeant les frontières entre le Sud global et l’Europe ainsi que les conditions de la liberté de circulation. Il s’intéresse à des parcours marqués par le déplacement, l’attente, l’incertitude et les limites imposées à la circulation des personnes. À travers les récits et les trajectoires de personnes confrontées à ces limites, le film cherche à déplacer le regard porté sur celles et ceux que l’on désigne comme « clandestins ». Il s’intéresse moins à la frontière comme simple lieu de passage qu’à ce qu’elle produit dans les vies : l’attente, la peur, le déplacement, mais aussi le désir de partir et la recherche d’un ailleurs. La frontière devient alors une question à la fois politique et existentielle : qu’est-ce qu’un territoire, et qu’est-ce qui nous donne le droit d’y vivre, d’y circuler ou de nous y sentir chez nous ?
Oualid Anbri (Mohammedia, 1996)
Artiste vidéaste et chercheur. Il commence sa pratique artistique en 2013 dans le domaine des arts appliqués au Lycée Technique Jaber Ibnou Hayyan, au Maroc, puis obtient en 2015 un diplôme de l’École des Beaux-Arts de Casablanca. Il poursuit son parcours en Belgique et obtient récemment un master en vidéographie à l’École de Recherche Graphique (ERG) à Bruxelles.


