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C’est une longue histoire entre nous…

Antoine Zaatini

Et entre nous, c’est par le masque maintenant que l’histoire du souffle nous revient et nous colle au visage un air en voltige jouant l’accrochage et le décrochage entre bouche et tissu, cousant une double farce de danse historique de la masse solitaire de fond en comble et en transe, une chorégraphie frénétique d’un face-à-face façonné d’une seule et unique face à la même façon que n’importe quelle face de la race humaine peut se la prendre de dos comme de face taillée de cette façon-ci ou de cette façon-là, comme deux poings dans la gueule de cette phrase pour la suturer enfin par deux points à la ligne:
Face à bouche opprimant la face d’une bouche à face opprimée en face. Point.
De l’air, de l’air, de l’air…
Oui ! Il y en a assez mais derrière la lignée de vos masques et de leurs descendants.
Remontée ascendante. Du sang.
Abattage de l’arbre généalogique de la sagesse qui saute sur l’histoire de la pomme avalée dans la gorge virevoltante déplumée de ses mots étranglés au profit de la voix qui se heurte au son de son nœud dans le filtre du langage étouffé par la peur de la peur sans tête ni queue attestant sur l’honneur que le papier vient de l’arbre abattu attrapé entrain de circuler sans autorisation dérogatoire autour du rond-point du cerveau qui mène tout droit à l’abattoir des mots comme moratoire des poumons et de l’air. Point.
Spectacle:
Révolution par intermittence
Des cachets pour ronfler
Ils nous nouent, on se dénoue
Ils nous bouchent, on se débouche
Ils nous touchent, on se retouche
On désiste, on résiste, on insiste sur la langue de cette longue histoire entre nous…
Trois points de suspension mécanique puis contrôle technique:
– Un affirmatif: Sur le corps révolté défiant en urgence chirurgie cauchemardesque et parole débilement gigantesque par son vrac morbidement titanesque.
– Deux exclamatif: Tout est prêt, entrez et bienvenue dans l’atelier !
– Trois interrogatifs : Couture sans mesure tout le long de la vie sur ce fil qui vous tisse?
Pas de réponse
Retour à la normale.
Faux positif. Vrai négatif.
Vous le sentez?
Allez, entrez, prenez place, tassez-vous
Tracez, coupez, tissez, enfilez
Faut filer à la main, à la chaîne sur la scène de la haine
Allez hop, au travail!
On tisse, on retisse, on teste, on dépiste
Résultats démagogiques:
Abondance du neutre chronique
On pisse sur les pistes raisonnées raisonnables
Euphorie remédiable par un suicide philologique dans la merde phénoménologique.
Deux points à la ligne.
Culture culte. Big pop dick. Stock choque talk too much options fuck & sleep.

Radio:
On aligne nos objectifs sur les besoins logistiques funéraires ouvrant les voies culinaires du marché militaire vers les cimetières taillés aux horaires téméraires. Point technomortuaire à la pointe. Rythmique habituelle. Musique aérosolaire pudique.
Conseils de médecine ancestrale :
Touchez-pas, couchez-pas, toussez-pas, mouchez-pas, tout est propre, tout est mort
Dialoguamour:
Pardon ma vie! Je t’en prie ma mort, merci ma bête, pas de quoi ma chérie, on se connait? Non.
Alors au travail!
On nettoie la race de la paume de la main et ses doigts à la casse, on y va, lâchez-pas!
Conditions de suprématie sanitaire:
Tenez le gel par la langue, prenez du sel pour la plaie
Du vinaigre sur les lèvres et du miel dans vos culs
Oubliez la douceur de l’amour, noyez-vous avec dans de l’eau de javel
Avalez, lavez puis rincez à fond
Consommez les visages souriants et gobez l’oesophage grotesque puis chut!
Finale. Point avant le dernier mot. À la ligne.
J’ouvre? Non. Point. On ferme!
Pas un mot, plus un rot, on est bons, on est beaux, on est biens
Côte à côte les cocons se côtoient et concoctent:
Allez! À la guerre père et mère, à la morgue les doudous des parents, debout les enfants, allez!
Tout le monde à bord, on défile à la ligne, pas de saut plus haut que le point mort, pas de temps, pas le temps. Allez! Gommez le vivant de vos mots ou crevez-vous sur les marges de vos pages vides, remplissez vos morts dans les cases, cochez les bases de bataille, marchez par ordre de bétails sur les lignes de front en pagaille, rentrez dans l’ordre des mots qui vous cisaillent, le mot d’ordre du jour soit-il à jour ou non, de la nuit ou non, tout est un ordre, renoncez à vos corps qui dansent et qui sautent, appliquez de l’ordre à vos muscles, de l’ordre sur vos peaux, massez vos tics poétiques, mordez des grenades et pleurez votre parole politique en meeting mythique, maintenant le tragique humanique l’oblige, c’est la merde antique alors, à l’heure qu’il est, bouchez-vous tous les trous et soyez solidaires, attendez unifiés essoufflés étouffés, attendez la peur, accueillez la terreur et chantez le retour du soldat à la guerre, saluez son amour pour la terre et la paix sous ses bottes qui galopent sur nos gueules masquées par cet un air qu’il est temps maintenant que cette longue histoire entre nous, nous libère de cet ère et l’enterre.

Antoine Zaatini (Liban, 1981)

Écrivain franco-libanais, il a suivi des études théâtrales à Beyrouth puis à Marseille. Il écrit, traduit et joue en arabe et en français, prêtant une attention particulière à la sonorité et à la rythmique des mots. Les œuvres de Ghérasim Luca, Samuel Beckett, Bernard-Marie Koltès, Valère Novarina, Ounsi El-Hajj et Wajdi Mouawad ont profondément marqué ses rapports à l’écriture et à la scène. Monologuerre, achevé en 2014, est son premier texte théâtralisé.

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