Brise d’éveil

Alejandro CALDERON
L’éveil est le silence du chaos, miroir du contraste,
à travers la lame d’obsidienne, un flux subtil
mûrit dans la collusion pure, ombré d’abîme vertigineux,
ralentit le non-être avec fine calligraphie de la rosée :
lueurs d’écriture, ruisselle l’esprit,
équilibre naturel à l’errance de l’âme ;
brouillard perpétuel de l’origine,
cet effacement enraciné ne cesse d’affluer ;
des roulements de cailloux martèlent l’abstraction
dans le devenir, le bruissement des rêves,
au gré de l’éphémère et du pérenne,
gribouillent les destins dans l’imaginaire des ombres ;
le chant des morts s’élève sous l’étreinte
des archers de flammes ; splendeur du réel,
de rochers feuilletés par la fluidité,
le vol en V des oies prend son élan :
renverse en gravité l’arc-en-ciel, convexité
d’infini, berceaux de la nature, brise d’éveil
Alejandro CALDERON (1960)
Poète péruvien vivant à Paris depuis plus de 40 ans. Il a étudié la philosophie à l’université Paris VIII et la littérature comparée à Paris III. Il a dirigé la revue Spirale Inkari. Il a publié les recueils de poèmes Transmigration (1992) et Nazca (1994) traduits et préfacés par Claude Couffon.
À travers la pénombre (1996) traduit par C.Couffon et Cillement du néant (2000), compilation des livres précédents, avec une introduction de Américo Ferrari : La poésie de Calderon est solidement physique et radicalement métaphysique, frontispice de Alberto Guzman. E-book 2015 : Cillement du néant / Parpadeo de la nada. Tsunami de la lumière / Tsunami de la luz (2017) présenté par Pierre Rivas à la librairie Shakespeare and Company ( 2018 ). Los dioses en crepusculo (2023) Pérou.



