Cannes 2025| L’Mina remporte le Prix Découverte Leitz Cine et Randa Maroufi exprime un soutien fort à la Palestine

La Rédaction

Randa Maroufi
Lors de la 78e édition de la Semaine de la Critique du Festival de Cannes, la réalisatrice marocaine Randa Maroufi a été distinguée par le Prix Découverte Leitz Cine du court métrage pour son film L’Mina (La mine). Ce prix, décerné par le jury de la Semaine de la Critique, récompense un court ou moyen métrage en compétition et met en lumière des cinéastes novateurs.
L’Mina est un film documentaire expérimental de 26 minutes, coproduit par le Maroc, la France, l’Italie et le Qatar. Tourné dans la ville minière de Jerada, dans la région de l’Oriental, le film reconstitue, avec la participation active des habitants, des scènes de la vie quotidienne des mineurs, dans un décor co-construit avec eux. La ville, marquée par la fermeture officielle de ses mines de charbon en 2001, continue de voir ses habitants risquer leur vie dans des activités d’extraction informelles.
« Ce film est le fruit d’un effort collectif. Les habitants de Jerada ont porté ce projet, ils en sont l’âme », a déclaré Maroufi à la suite de la projection. Elle a tenu à exprimer sa reconnaissance envers la communauté locale et toute l’équipe du film qui a inspiré l’œuvre et y a pris une part active.
Dans son discours, la cinéaste a évoqué la situation en Palestine. « Il était indispensable de prendre position », a-t-elle affirmé dans un article publié par le site de la chaine arabe Al Jazeera, soulignant la nécessité d’un « geste symbolique de solidarité face aux injustices commises quotidiennement contre le peuple palestinien, dans un silence international assourdissant ».

L’équipe du film
Sur scène, face au public cannois, elle a déclaré : «LA pensée URGENTE et puissante va pour nos frères et sœurs palestinien.ne.s, qui subissent ce GÉNOCIDE commis par Israël. La Palestine vaincra » Elle a conclu son intervention en paraphrasant le poète grec Dinos Christianopoulos : « ceux qui tuent un enfant oublient qu’ils enterrent une semence. Or, cette semence donnera naissance à des épis — et à de nombreux épis.» Ses derniers mots, « Liberté pour la Palestine », ont été salués par une salve d’applaudissements.
Le film marque la première participation de Randa Maroufi à Cannes. Fruit d’un travail de longue haleine avec une équipe internationale, L’Mina allie technologies anciennes (film Super 8) et outils numériques de pointe (scan 3D), proposant un langage visuel qui oscille entre documentaire, expérimentation et dimension poétique.
Cette prise de position de la réalisatrice contraste vivement avec une polémique survenue quelques jours plus tôt au sein même du festival. L’autrice franco-marocaine Leïla Slimani, membre du jury officiel, a suscité une vive indignation après avoir éludé, lors d’une conférence de presse, une question sur les massacres à Gaza, se contentant de déclarer : « On rit, même quand une partie du monde est dans le noir». Une réponse jugée par des internautes comme “déplacée” et perçue comme “un silence complice”, en décalage avec la gravité de la situation en cours, à Gaza et en Cisjordanie.



