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Il n’y aura pas d’Arabes, pas de peuples, pas de Méditerranée

Hamid Zaïd

Terss inaugure la rubrique « En Jaque » avec un texte de l’écrivain et poète marocain Hamid Zaid, auteur d’un seul et unique recueil intitulé “Les tortues parlent l’arabe classique” (Carbone14, Montréal, 2003). Désabusé, Zaid expose ses désillusions, qui ne sont autres que les croyances qui animent le concept même de notre plateforme : la fraternité entre les peuples arabes, du Maghreb au Mashreq, les relations intellectuelles, culturelles et artistiques, et l’amitié entre les deux rives de la Méditerranée. Des chimères qu’il a abandonné. Dos brisé sur la Croix du Temps, il a fini par devenir époux et père de famille avec un salaire mensuel déboursé par un journal électronique, en dirham marocain (couronne ou lettres ?!)…

La rubrique « En Jaque » s’intéresse aux pamphlets et aux jeux, à l’astrologie et à la sorcellerie langagière et linguistique, au léger et au sinistre flottants… C’est une écriture espiègle, à la fois poétique et politique, à sauts et à gambades ; au-delà des limites traditionnelles des genres et des thèmes, dans une gymnastique libre faite de sérieux et de frivole, suivant l’enseignement de notre oncle Al-Jahiz…

***

J’ai été à de rares reprises parmi les Arabes au sein d’un journal. Ou d’une revue.

J’ai été dans bien de pays.

J’étais au Yémen. En Irak. Au Soudan. En Égypte

et sur les plateaux de télés par satellites.

J’y étais par solitude au Maroc.

J’étais au Moyen-Orient.

J’étais avec les Arabes pour faire mes preuves, miston que j’étais.

J’étais avec les Arabes au sein du parti Baâth.

J’étais avec les Arabes, arborant le portrait de Saddam Hussein.

J’étais avec les Arabes assassins.

J’étais avec les Arabes victimes.

J’étais avec les fractions.

J’étais avec la gauche. Avec la droite panarabe.

J’étais arabe.

Plus d’une fois, je me suis trouvé parmi eux pour l’argent seul.

Je suis toujours avec l’argent.

L’argent est véritable et concret.

Il existe, contrairement au monde arabe.

J’ai été avec les Arabes car il me fallait une quelconque compagnie.

J’étais avec la langue arabe et le suis toujours.

J’étais avec le bégaiement.

Avec le temps, les Arabes ont disparu.

Avec eux, j’étais loin de moi-même.

J’étais dans un monde inexistant.

Puis les Arabes se sont évaporés. Et les pays arabes. Et le pouvoir des Arabes. Et la culture de l’être-arabe.

Je me suis trouvé privé du vide que j’arpentais. Auquel je rêvais avec les Arabes qui n’existaient pas

Et quelle étrangeté de découvrir qu’on vit dans un monde qui n’existe pas.

Que ce qui n’existait pas dans la réalité devenait de plus en plus inexistant. Et plus encore. Et plus encore.

Il y en a qui sont toujours en les Arabes.

Il y en a qui persistent.

Il y en a ceux qui n’ont pas encore abjuré leur foi.

Il y a ceux qui ne se sont pas aperçu qu’ils vivaient dans un passé qui n’eut pas eu lieu.

Dans le lieu qui n’a jamais existé.

Sur Terre.

Terre qui n’est qu’une nuée.

À présent, moi qui ai pris de l’âge, je n’imagine pas me retrouver dans un quelconque idéal arabe. Ni dans quelconque projet. De quelque nature qu’il soit.

Si je le fais, c’est sans conviction. Car mon but n’est pas arabe.

Car je n’ai guère de but.

De même, ayant trouvé un travail, je ne m’imagine plus palabrer sur la culture arabe. Sur la littérature arabe. Sur le cinéma arabe. Sur l’art arabe.

Qui fait cela veut tirer profit des Arabes.

Qui met les Arabes dans un seul panier ment aux Arabes.

Méfiez-vous-en, Arabes.

Il ne croit ni en vous ni en l’existence d’un monde arabe.

Il n’y a pas non plus d’écrivain arabe. Ni de démocratie arabe. Ni de liberté arabe. Ni de tyrannie arabe. Ni d’États arabes. Ni de média arabe. Ni de Ligue Arabe.

Il n’y a surtout pas de peuple arabe.

Ce peuple qui a été inventé et auquel les peuples ont cru.

Pour lequel ils se sont sacrifiés.

Et à quel prix.

Les écrivains arabes dont je me sens le plus proche sont ceux qui se sont détournés du « monde arabe », qui n’en profitent pas, qui n’en font pas commerce, qui ne le cherchent pas, qui n’y pensent pas et qui n’en parlent pas.

Ceux qui sont « repliés » sur leur identité locale.

Ces Arabes qui se moquent du sort des Arabes.

Ceux qui se soucient uniquement de leur destin.

Les Tunisiens comme Tunisiens. Les Libanais comme Libanais. Les Égyptiens comme Égyptiens.

Les Golfiotes comme Golfiotes.

Dès qu’un écrivain devient arabe, je le fuis.

Je n’ouvre point son livre.

Sache, toi qui me lis aujourd’hui, que je ne suis pas rassuré de me trouver ici. Sur cette plateforme. Avec les Syriens. les Libanais. les Égyptiens. les Marocains. En notre qualité d’Arabes.

Car je ne crois en aucun projet. En aucun travail collectif. Je hais la coopération.

Et parce que pour les non-Arabes, nous considèrent comme des Arabes.

Ils manifestent leur solidarité avec nous en tant qu’Arabes. Ils nous haïssent en tant qu’Arabes. Pensent à nous en tant qu’Arabes.

Alors qu’il n’y a pas d’Arabes.

Non que je ne sois pas Arabe. Ce n’est pas pour cela que je ne suis pas Arabe. Plutôt parce que le monde arabe n’est pas celui que nous appelons de ce nom.

Mais plutôt parce que le monde arabe n’existe pas, et n’existera jamais.

Même par la force. Il n’y aura pas de monde arabe. Jamais. Jamais. Il ne sera pas.

C’est pourquoi que je reste en le dedans, j’essaye autant que possible d’y demeurer.

Et cela ne veut pas dire que je me rendrai chez les Méditerranéens. Ceux venus après les Arabes m’apprendre que je leur appartiens.

Remplacer un mensonge par un autre. Une illusion par une autre.

Or, il n’y a nulle différence.

Ces Méditerranéens qui ont apporté festivals. Magazines. Voyages. Paix et amour.

Huile d’olive. Vin. Vie. Farniente et soleil.

Comme il était ouvert, le Méditerranéen.

Combien de gens ont rejoint la Méditerranée. Ecrivains. Artistes. Hommes politiques. Journalistes

Alors que le Méditerranéen n’est en rien différent de l’Arabe.

Quand je vais en Méditerranée, ce n’est pas par conviction. Ni contre personne.

L’idéologie méditerranéenne est simplement venue combler le vide laissé par les Arabes.

Ni plus ni moins.

Elle est venue remplacer une illusion par une autre.

Une défaite par une autre. Une faiblesse par une autre. Un échec par un autre. Pour se défendre en cherchant une appartenance.

Contre qui.

Ceux qui engloutissent la Méditerranée, les Arabes et les langues latines.

Mais quand le Marocain brave la Méditerranée, c’est tantôt pour la traverser

Tantôt pour s’y noyer.

La Méditerranée non plus n’existe pas.

Mais où suis-je.

Suis-je sensé être quelque part.

S’il me faut absolument être quelque part, je demeure en le dedans.

Dans un gouffre.

De temps en temps un ami me tire vers le dehors.

Mais j’y reviens aussitôt.

Sous les Arabes

Et sous les peuples méditerranéens.

Fuyant tous les peuples. Et la coexistence. Et les voisins. Et la mer. Et l’isthme. Et le soufisme. Et tout ce qui unit. Et tous les slogans.

Sous les décombres.

Là où la mort est la vie même. Et la vie mort. Où la vie vie équivaut à la mort. Où il n’est besoin de rien. D’aucune communauté. D’aucune politique.

Là où il n’y a nul but.

Là où tout se mêle à tout.

Profondément

Profondément

D’où l’on peut voir tout ce qui advient de haut.

Hamid Zaïd (Casablanca, 1972)

Poète et chroniqueur sarcastique marocain. Il a obtenu une licence en philosophie à l’Université Mohammed V (Rabat).

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